Retrouvez les adresses d’Amélie, ici : Les adresses d’Amélie
Photographies : Rémy Lidereau pour Etonnantes 

C’est une première pour Amélie. Parler d’elle, de son parcours, de son travail n’est pas dans ses habitudes. En temps normal, c’est elle qui fait parler les autres, écoute leurs demandes, leurs besoins. Amélie, graphiste depuis huit ans, à son compte depuis 2017, traduit en images les mots de ses clients, imaginant les supports de leur communication, leur « identité visuelle » comme elle dit : « une forme visuelle et graphique qui va donner un ADN, une empreinte de communication à l’entreprise ».
Après six années en tant que graphiste pour l’agence nantaise Apapa Rosenthal, Amélie fonde Atelier Shiroï, ou « blanc » en japonais. Manifeste pour l’épure et le minimalisme, nom riche de sens pour celle qui souhaite faire primer le fond sur la forme, à chacun de ses projets. « Trouver une justesse dans le discours, c’est vraiment ça qui est important ».

« Les Oiseaux Catcheurs », projet personnel d’Atelier Shiroï sont actuellement exposés au sein du Café Bécot, à Nantes.
Photographies : Rémy Lidereau pour Etonnantes

Il n’y a pas de maniérisme chez Amélie. Ni dans son discours donc, ni dans son caractère, encore moins dans son travail. Ce qu’elle vise c’est la quintessence, « le nectar des choses », le sens profond de ce que veulent et disent ses clients. Qu’ils soient conservateurs de musée, libraires, brasseurs de bière ou propriétaires d’un coffee shop, qu’ils s’appellent Château des Ducs de Bretagne, Coiffard, Barque ou Café Bécot, Amélie s’impose pour chacun d’eux un perfectionnisme extrême, un jusqu’au-boutisme forçant le respect. « Quand j’entame un projet, en général je vais beaucoup plus loin que ce qu’on me demande, je ne propose pas quelque chose auquel je ne crois pas. C’est une exigence et une rigueur que je m’impose. Du coup ça prend beaucoup d’énergie. »

Amélie a signé l’identité visuelle du Café Bécot, à Nantes, imaginant une typographie exclusive et un esprit inspiré par l’esthétique 1920-30 du bâtiment.

Pour contrer ses craintes, apaiser ses doutes, elle travaille donc plus que de raison. Décline l’identité visuelle de ses clients sous toutes ses formes, du logo aux cartes de visite, imagine des typographies, crée « une boite à outils » dans laquelle les entreprises n’auront plus qu’à piocher pour servir leur communication. Alors, à chaque nouveau projet Amélie endosse « le costume des clients ». Se mettre dans la peau de ceux qui font appel à son sens du graphisme, à son intelligence visuelle, lui permet de leur penser des outils de communication sur-mesure dans lesquels ils pourront se projeter corps et âmes, « car pour eux, c’est super important : leur entreprise c’est leur bébé, un investissement de temps, d’argent, d’émotion qu’il faut honorer. ». Et à l’heure où tout le monde se dit et se veut graphiste, marquer sa différence en donnant du propos à son geste, du fond aux formes, est plus que nécessaire pour Amélie. « Il y a beaucoup de métiers dans le métier. Il faut dire au client qu’il y a plusieurs façons de faire mais qu’il faut trouver du sens. »

Travaillant généralement sur trois ou quatre projets en parallèle, elle nourrit son inspiration par des expositions, au Musée d’Arts de Nantes ou au Lieu Unique, avoue avoir gagné en liberté depuis qu’elle travaille en freelance mais pas forcément en légèreté. « La création est un processus que l’on ne peut pas anticiper. Il y a des fois où ça peut venir très rapidement, d’autres fois où c’est très laborieux, où ça me prend sur mes nuits. Mais tant que ça ne tient pas la route, je ne le propose pas ». Quand sait-elle que son travail tombe juste ? Lorsqu’elle a réussi à mettre en place un jeu avec la personne qui le regarde, quand elle est parvenue à cacher un symbole dans un logo, à contextualiser sa proposition, à anticiper tous les usages que son client pourrait en faire. Surtout, quand elle a réussi à ménager une surprise dans la compréhension de l’identité visuelle, à y insuffler une part de mystère et de sens caché.« Ce n’est pas difficile de faire de l’esthétisme mais c’est important d’amener un peu d’intellect, de jeu. »

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Photographies : Rémy Lidereau pour Etonnantes
Posted by:Solenn Cosotti

Une réponse sur « Atelier Shiroï »

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